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« Je me souviens d’avoir vécu alors dans un monde prodigieux. Dans cette épreuve, qui m’aida à comprendre la folie de Don Quichotte, s’alluma mon ardeur précoce à lire de tout. » El Jardín de los frailes.
Lecteur vorace dès l’enfance et amoureux passionné de toute sorte de littérature, Azaña met sur le compte d’une créativité paresseuse le nombre restreint de ses incursions dans ce domaine. C’est en pleine maturité, quand il s’est déjà fait connaître comme traducteur, qu’il publie en 1927 El Jardín de los frailes, récit du séjour d’un adolescent chez les Augustins de l’Escorial et de la crise spirituelle qu’ il traverse et qui porte en germe une crise plus grave : celle qui frappe l ’Espagne en 1898. De cette œuvre, nous possédons la première édition de 1927 par l’ imprimerie de Sáez Hermanos, l’édition suivante de 1936 chez Espasa-Calpe et l’édition de poche de 1981 par Alianza Editorial ; cet ouvrage, unique, est malheureusement épuisé en Espagne. Son autre roman, inachevé, Fresdeval, n’a eu que l’édition publiée en 1987 chez Pre-Textos, à Valence, par Enrique de Rivas.
Quant à La Corona, drame romantique créé en 1931 avec Margarita Xirgu comme principale interprète, qui fut sa seule œuvre théâtrale, nous avons la curieuse édition donnée en 1932 dans La Farsa, avec une photo de Margarita Xirgu en couverture et des illustrations de Antonio Merlo.
Enfin nous détenons toutes les éditions du testament spirituel de Manuel Azaña, La Velada en Benicarló, où il donne sa vision personnelle de l’histoire d’Espagne dans ses années cruciales et ses réflexions sur les causes et le déroulement de la guerre civile, à commencer par la première, celle de sa traduction française par Jean Camp, publiée par Gallimard en 1939 (achetée dans une librairie de la ville italienne de Mantoue!), suivie par l’édition en espagnol parue la même année chez Losada à Buenos Aires. Il convient de signaler l’édition donnée en 1981 par Espasa-Calpe, comportant la version théâtrale de José A. Gabriel y Galán et José Luis Gómez, et la toute récente édition de Castalia, de 2005.