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« Quand je me levai, la tension monta ; tous les sièges furent occupés, et de nombreux députés se groupèrent au pied de la tribune. Comme toujours quand je prends la parole, j’étais tranquille et serein. » Memorias políticas y de guerra, notes du 13 octobre 1931
Azaña tenait en haute estime la rhétorique et l’art oratoire. Ses longues années de formation à l’Ateneo firent de lui un orateur exceptionnel, et ses discours, prononcés à la tribune parlementaire comme dans des meetings publics, constituaient des événements nationaux. Parmi les huit recueils rassemblant ses discours, nous relèverons en particulier les trois premières éditions publiées dans les années trente par l’ éditeur madrilène Espasa-Calpe : Una política (1930 -1932) (1932), En el poder y en la oposición (1932-1934) (1934), et les Discursos en campo abierto (1936). Ce dernier titre rassemble les discours historiques prononcés en 1935 sur le terrain de Mestalla à Valence, sur celui de Lasesarre à Baracaldo, et celui de Comillas à Madrid, chaque fois devant des dizaines, voir des centaines de milliers de personnes venues l’écouter.
Il faut mentionner de même le livre intitulé Los españoles en guerra (Crítica, 1999), avec un prologue dû à Antonio Machado, recueillant les quatre discours officiels qu’il a prononcés en tant que président de la République au cours de la guerre civile, parmi lesquels le fameux discours dans la salle du Consell de Cent, à la mairie de Barcelone, le 18 juillet 1938, qui se conclut sur la célèbre apostrophe : « Paix, pitié et pardon ! »